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Les voix d'or du Cambodge revivent.
Ros Sereysothea et Sin Sisamouth, entre autres, ont fait danser la jeunesse des années '60 en mélant la tradition cambodgienne et le Rock & Roll, ... avant d'être les victimes de la folie meurtrière des Khmers rouges dans les années '70.
Ils font aujourd'hui l'objet d'un culte qui dépasse les frontières de ce petit royaume, jusqu'à Los Angeles aux USA où certains groupes hip-hop et l'industrie musicale liée au cinéma s'en inspirent.
Dans les années '60, en raison de ses liens étroits avec la France, le Cambodge a accueilli les tendances venues de l'occident, y compris les tendances musicales. Quelques jeunes cambodgiens ont donc surfé sur cette vague. Ils chantaient l'amour, l'insouciance et la joie de vivre.
Ce fut malheureusement de courte durée. Parce qu'ils incarnaient un symbole de modernité, ces artistes furent les premiers visés par la machine destructrice des Khmers rouges et ces personnes ont rapidement été portées disparues pour ne jamais réapparaître.
Au lendemain de la chute de ce régime tortionnaire, le pays traumatisé et exsangue, se releva en tournant le dos aux chansons des sixties. La priorité était donnée au travail et à la reconstruction. Les nouvelles chansons vantaient la renaissance populaire, la solidarité et ... l'amitié avec le Vietnam.
Il faudra attendre le retour du Roi Norodom dans les années '90 pour que certaines de ces anciennes chansons soient redécouvertes et pour que l'on rechante l'amour.
Petit à petit, à partir des années 2000, certains cambodgiens en exil sont revenus au pays. C'est notamment le cas de Sok Visal qui a grandi aux USA. Patron d'un label hip-hop, il s'est rendu célèbre en remixant des tubes des sixties avec des rythmes de Rap & House.
Ce fut ensuite le groupe américain Dengue Fever, composé de 5 musiciens californiens et d'une chanteuse d'origine cambodgienne, qui s'intéressa à cette époque. Le succès fut vite au rendez-vous. Les prix et les récompenses tombèrent.
Au même moment, on retrouve ces chansons sur la bande originale du film "City of Ghosts" de Matt Dillon et certains réalisateurs s'intéressèrent de plus près au phénomène.
Du coup, aujourd'hui, les voix d'or du Cambodge sont remises à l'honneur dans leur pays.
Sin Sisamouth et Ros Sereysothea redeviennent très populaires au Cambodge, jusque dans les campagnes et auprès de la jeunesse. Concerts, pièces de théâtre, documentaires, émissions de variétés, ... chacun rend hommage à ces belles voix.
La vie est belle ... les Khmers rouges n'ont pas réussi à éradiquer ces voix d'or.
Elles revivent, avec beaucoup plus de force et pour toujours.
Texte rédigé à partir d'un article paru dans Le Courrier International du 7 octobre 2010 et signé par Adrien Le Gal, Im Navin et Kang Kaliyann
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