Remarques préliminaires pour les Voyages Terres Sacrées quant aux aspects abordés :
Lors du voyage "Cambodge (via Bangkok), Terres des 1.000 sourires", certains repas sont pris dans le restaurant de l'école de formation Sala Baï, géré par l'ONG française "Agir pour le Cambodge" et dont il est parlé dans cet article de presse. La plupart des autres repas sont également pris dans des petits restaurants de charme permettant de déguster les différentes spécialités cambodgiennes, dans des cadres à chaque fois charmants et différents. Le menu ne vous est pas imposé mais vous pouvez choisir à la carte les plats que vous souhaitez. Vous pouvez ainsi opter pour le plat que vous préférez en fonction de vos envies du moment et découvrir à votre rythme les nombreuses et succulentes spécialités culinaires. Un cours de cuisine khmère est également prévu au programme.
Article de Presse :
Cuisine
cambodgienne sans frontières : du sandwich à la sauce web
Fin 2007, le
site américain spécialisé dans la gastronomie, Epicurious.com, livrait de
surprenantes prédictions sur les nouvelles tendances culinaires : en 2008,
annonçait-il, la cuisine cambodgienne allait détrôner sa soeur siamoise dans
les menus exotiques et branchés. Plus d'un an après, le nombre de restaurants
se revendiquant exclusivement de la tradition gastronomique cambodgienne a en
effet doublé à New York : on compte désormais dans la Grosse pomme... deux établissements
cambodgiens, dont le dernier en date, le "Num Pang", vient tout juste
d'ouvrir ses portes et ne propose que des sandwichs. A défaut d'être aussi
populaires dans les cuisines internationales que les bò bún et tom yam de leurs
voisins vietnamiens et thaïlandais, les amok, loc lac et kroeung cambodgiens
commencent toutefois enfin à répandre leurs parfums sur la Toile, plusieurs
sites proposant désormais aux gourmets de partir à la découverte des mille et
une saveurs du petit royaume khmer.
Des saveurs
aussi rares qu'alléchantes
Ratha Chau a
beau être régulièrement félicité par les critiques culinaires new-yorkais, pour
avoir su mettre en valeur les mets traditionnels khmers, il fait encore figure
d'exception. Ce chef américain d'origine cambodgienne tient le "Kampuchea",
seul et unique restaurant cambodgien (ou en tout cas qui ose s'afficher comme
tel) de la ville de New York, pourtant réputée pour sa diversité gastronomique.
Fin mars, le
"Num Pang" (prononcer "Noum Paing", qui signifie le pain en
khmer) est venu compléter cette offre bien maigrichonne, à l'initiative du même
Ratha Chau, qui y propose des sandwichs à la coriandre, au poisson-chat ou aux
crevettes parfumées à la noix de coco rapée... De quoi aiguiser l'appétit d'une
clientèle new-yorkaise de plus en plus avide de bons produits et de nouvelles
sensations. "Ouvert depuis seulement deux semaines, le lieu fait déjà un
tabac, avec des files d'attente d'une vingtaine de personnes, à l'heure du déjeuner,
qui s'étirent dans la rue", constatait début avril le critique
gastronomique du Washington Square News, le journal de l'Université de New
York, propos confirmés par les photos publiées dans la chronique culinaire
"Fork in the road" ("La fourchette dans la rue") montrant
l'affluence devant le premier "sandwich shop" khmer new-yorkais.
Le prahok,
nouvelle potion magique ?
Ratha Chau et
son partenaire commercial écoulaient déjà plus de 500 sandwichs "à la
cambodgienne" par jour quelques semaines après le lancement, à en croire
le site culinaire Serious Eats - New York, qui interroge le chef cambodgien sur
les raisons de ce succès. Au-delà du discours convenu sur les produits de
qualité et l'amour du travail bien fait, son explication tient en deux syllabes
: "prahok". Une réponse qui semblera quelque peu osée, à ceux qui ont
déjà eu le loisir de humer ce condiment aux effluves bien particuliers, propres
à faire fuir des nez occidentaux peu habitués aux préparations à base de
poisson fermenté... Mais le chef d'origine cambodgienne ose chatouiller les
palais (et les narines). Son pari, a priori risqué, se révèle gagnant. Il y a
un an, il était invité par Food & Wine à faire partager aux lecteurs, sur
le site web de la prestigieuse revue, six recettes de son cru, présentées comme
une "leçon sur les saveurs cambodgiennes".
Ce manque de
reconnaissance - ou plus simplement de connaissances - de la cuisine
cambodgienne dans les milieux gastronomiques internationaux, Ratha Chau n'est
fort heureusement pas le seul à le combattre. Plusieurs internautes se chargent
eux aussi de répandre la bonne chère khmère dans le monde. Négligés par la
plupart des sites culinaires généralistes anglophones comme francophones, y
compris par celui, Epicurious, qui prédisait à la gastronomie cambodgienne un
futur proche glorieux au motif qu'elle "offre des saveurs plus fortes que
la vietnamienne, légèrement plus subtiles que la thaïlandaise et n'est pas
aussi lourde que la chinoise.", les plats khmers s'affichent désormais
sans complexe sur des blogs et sites qui y sont exclusivement dédiés, mitonnés
aux petits oignons par des webmestres gourmets.
La cuisine khmère
version karaoké
C'est le cas du
bien nommé Cuisine-du-Cambodge.com, à la présentation aussi léchée qu'alléchante,
délicatement ré-assaisonné récemment par son concepteur, un jeune Franco-cambodgien
spécialisé en marketing web, Romerix Oum. En sus de quelques recettes, dont le
classique amok, de délicieux condiments (voir le kroeung) ou des nouilles au
boeuf, le site propose une "Khmer Food TV". Cette dernière reprend
principalement des cours de cuisine - version karaoké khmer et couchers de
soleil angkoriens - patiemment concoctés par une autre internaute de 29 ans,
khméro- américaine, et publiés sur son profil YouTube, aux côtés de cours de
maquillage (mixtures tout aussi savantes). Détaillés étape par étape et en
images, les riz frits, plats en sauce, soupes et délicieux desserts présentés
par la jeune femme n'auront plus de secrets pour les apprentis cuisiniers du
Web, même s'ils ne maîtrisent pas parfaitement la langue de Ronald Mac Donald
(les ingrédients étant communiqués, au fur et à mesure, via des sous-titres en
anglais) et ne goûtent que modérément les tubes musicaux khmers (il est
toujours possible de baisser, voire couper le son).
Petits pains,
sauces et en-cas
Un choix plus
large, mais avec une présentation nettement plus austère, est au menu de la
page consacrée au Cambodge sur le site anglophone AsiaRecipe.com, qui affiche
une soixantaine de recettes façon "Cambodia", dont d'intéressants
plats végétariens et une douzaine de sauces indispensables à tout cuisinier
khmer qui se respecte. Les francophones se tourneront plutôt vers le blog
Apsara2001, lui aussi d'un abord peu alléchant, mais qui invite à déguster de
savoureuses salades et de sympathiques petits "pains farcis frits"
(Nom Paing Tchirn).
D'autres, tels
le site de "Cambodia Cooking Class", des cours de cuisine organisés
pour les touristes et expatriés occidentaux à Phnom Penh, délaissent les plats
les plus connus pour livrer gratuitement quelques recettes, destinées à mettre
l'eau à la bouche, de "snacks" et de soupes faciles à réaliser, en
plus de fiches sur les produits les plus fréquemment utilisés.
L'invitation au
voyage
Avec un appétit
gargantuesque et une ouverture réjouissante sur le monde, la "Station
gourmande", d'Anne Rolland, une Française qui réside à Siem Reap et
travaille auprès de l'école de formation aux métiers de la restauration et de
l'hôtellerie Sala Baï, invite à un voyage culinaire qui conduira l'internaute
aussi bien vers la recette des sablés bretons que vers celle d'une
"succulente" salade khmère au pamplemousse. Les "mohop
khmers" trouvent ainsi parfaitement leur place sur un site consacré aux
gourmandises du monde entier et volontiers axé, dans l'esprit de l'école Sala
Baï et de son élégant livre de recettes, sur les notions de partage et de découverte.
Une quête
identitaire
Le choix des
auteurs du site Khmers Krom Recipes est différent mais non moins pertinent :
ils présentent de nombreuses recettes de plats traditionnels de la région du
Kampuchea Krom, aujourd'hui située en territoire vietnamien et dans laquelle
vit une importante communauté khmérophone. Ces simples recettes de cuisine,
comme celles, plus rares, des Chams du Cambodge, prennent, incidemment ou à
dessein, un léger goût de revendication identitaire. C'est que, derrière les
sandwichs, les soupes et les sauces, se cache bien autre chose qu'une vulgaire
histoire de bouche. L'une des plumes du site Cuisine-du-Cambodge le souligne,
en guise de hors-d'oeuvre : "Lien sacré ancestral qui se perpétue
au fil du temps et des époques, chez soi dans sa cuisine, dans son pays ou à
l'autre bout de la terre et de ses origines mêmes ; lien sacré qui unit les générations,
les peuples et les individus de tout milieu, partageons et préservons ce cadeau
qu'est la nourriture terrestre".